La
chirurgie est une solution sûre et très efficace
sur le long terme pour lutter contre l’obésité
et la faim maladive. Plusieurs types d’interventions sont
possibles, plus ou moins importantes, réversibles ou non,
selon la gravité de l’obésité des patients,
leur mode alimentaire et leurs motivations.
La pose d’un simple anneau gastrique ajustable est l’opération
la plus simple. Elle ne modifie en rien le système digestif
du patient, tout en éliminant ses envies irraisonnables,
source de son mal-être. La grande efficacité de cette
technique entraîne des modifications comportementales importantes
et rapides, d’où l’utilité d’un
encadrement psychologique personnalisé.
La pose d’un anneau gastrique
L’anneau gastrique agit comme un sablier. Il oblige à
changer ses habitudes, à bien mastiquer par exemple. Le
volume des prises alimentaires va être grandement diminué
car la poche située au dessus de l’anneau qui accueille
les aliments ingérés se remplit rapidement, mais
ne laisse passer son contenu que progressivement. Les apports
caloriques vont donc fortement baisser, obligeant l’organisme
à puiser dans ses réserves de graisses pour les
transformer en calories.
Si les recommandations diététiques sont respectées,
il n’y aura cependant aucune carence protidique, ni en vitamines.
La pose d’un anneau gastrique constitue une intervention
ajustable car celui-ci va être gonflé en plusieurs
fois par le chirurgien un mois après sa mise en place.
L’anneau gastrique n’est en rien mutilant, il s’agit
juste d’un élément "posé"
qui a un rôle mécanique restrictif. C’est donc
une méthode réversible, on peut le dégonfler
en cas de grossesse par exemple.
La sécurité sociale prend en charge cette opération
pour les indices de masse corporelle (IMC) supérieur à
40 kg/m².
La décision de la pose d’un anneau ne doit cependant
jamais être prise à la légère mais
être mûrement réfléchie. Il faut avoir
conscience des conséquences, telles que l’abandon
de la satisfaction orale immédiate procurée par
l’abus de nourriture. Outre l’importance primordiale
de l'avis de la psychologue, de la diététicienne
et du médecin de famille qui connaît le patient,
nous recommandons aussi les échanges avec les associations
concernées et les discussions avec des patients déjà
opérés. Nous sommes évidemment disponibles
pour vous apporter tous les conseils nécessaires, vous
expliquer en détails l’opération et vous accompagner
tout au long de votre démarche.
Cette démarche commence par la confirmation du bien fondé
de cette opération par le chirurgien, le diététicien
et le psychothérapeute. Un protocole d’accord est
ensuite soumis à la signature du patient. Il l’avertit
des risques encourus, décrit l’intervention et les
processus induits à sa suite. Il s’en suit une consultation
avec l’anesthésiste ainsi qu’un bilan sanguin
pouvant être complété par un bilan cardiologique
ou pneumologique. L’ultime vérification à
la faisabilité de l’opération sera faite par
fibroscopie gastrique.
L’opération de pose d’un anneau gastrique se
fait sous coelioscopie. Celle-ci dure en général
un peu moins d’une heure. Il s’agit de gonfler l’abdomen
sous anesthésie générale pour introduire
un optique relié à une caméra par un orifice
d’1 cm.
Les fils sont retirés au bout d’une semaine, période
durant laquelle les douleurs post-opératoires peu importantes
s’estomperont.
Durant les deux premières semaines, le patient doit privilégier
une alimentation molle. Il s’agit de ne pas déplacer
l’anneau non fixé par la cicatrisation. Un mois après
l’opération, le chirurgien procédera au premier
gonflage par simple piqûre très peu douloureuse à
travers la peau, dans la membrane du boîtier d’injection
de l’anneau.
Le patient devra ensuite être suivi pendant plusieurs mois
par le chirurgien (pour une adaptation progressive du gonflage
– il ne faut surtout pas vouloir aller trop vite !) et par
le diététicien qui encadrera le régime induit
par l’anneau. Une aide psychothérapeutique supplémentaire
n’est pas à négligée. Ce suivi est
essentiel ! La perte de poids s’étale durant 18 à
24 mois, à raison de 0,5 à 1 kg tous les 30 jours.
Au bout de deux ans, quand le poids est stabilisé, il convient
d’instaurer une consultation annuelle par radiographie de
l’estomac. C’est également à ce moment
que le patient peut envisager une intervention de chirurgie esthétique,
selon ses désirs.
La technique du by-pass
Le by-pass ou court-circuit gastro jéjunal est maintenant
considéré comme l’intervention de référence
ou le "gold standard" de la chirurgie de l'obésité.
Réservé il y a peu de temps encore aux très
grosses obésités, cette technique prend de plus
en plus d'essor.
Elle consiste à court-circuiter le trajet des aliments
(cf schémas).
L'intervention est plus lourde qu'une gastroplastie par anneau,
car plus technique. C'est une intervention qui dure deux a quatre
heures, et se pratique également sous coelioscopie.
Les résultats sont bien meilleurs que l'anneau car à
la restriction gastrique apportée par le petit tube gastrique
agrafé s'ajoute le coté malabsorptif de l'intervention
(court-circuit de la réabsorption des graisses et des sucres).
Il s'agit d'une intervention définitive et exceptionnellement
réversible.
Les résultats sur la perte de poids sont spectaculaires
: jusqu'a 80% de perte d'excès de poids sur un an.
Cette intervention est proposée d'emblée en première
intention aux obèses grignoteurs, aux obèses dont
l'IMC est élevé, et aux échecs des gastroplasties
par anneau.
La technique de gastrectomie pariétale en gouttière
ou sleeve gastrectomie
Cette technique consiste à tubuliser l'estomac sur toute
sa longueur. Elle obtient de très bons résultats.
Il s'agit d'une intervention purement restrictive et proposée
dans certaines indications.
D’autres techniques existent. Nous vous invitons
évidemment à consulter un spécialiste qui
vous conseillera et vous orientera en fonction à partir
d’un diagnostique approprié.
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